« L’histoire est la véritable histoire naturelle des hommes », résumait Marx.
Le fatras dans lequel les idéologues sarkozystes essaient de noyer l’histoire de notre pays n’a pas égaré l’opinion.
69 % des personnes interrogées dans un sondage IFOP sont en désaccord avec la suppression de la discipline en terminale S. 22 % seulement soutiennent la décision que veut imposer le gouvernement, moins que les 30 % d’inconditionnels qui soutiennent habituellement le président. Ce projet donne la mesure de la réforme des lycées concoctée par Luc Chatel ; elle en devient l’incarnation.
Quelques scientifiques ont cru opportun, dans un texte publié par Libération, d’opposer les sciences à l’histoire, comme si l’honnête homme du XXIe siècle n’avait pas besoin de mêler culture scientifique et humanités, pour assumer sa responsabilité de citoyen face à des enjeux de plus en plus complexes. Alors que la filière S fonctionne hélas comme un filtre sélectif (qui attire donc la moitié des élèves), elle formerait des décideurs dont la science ferait bon marché de la cons¬cience. Comment comprendre l’économie sans l’histoire et la géographie, qui étudie les milieux naturels et humains ? « L’histoire est la véritable histoire naturelle des hommes », résumait Marx.
Certains s’étonnent que ce même président qui souhaitait la lecture de la lettre de Guy Môquet dans les classes décide l’élimination de la discipline du programme de terminale. Mais ce n’est pas d’histoire dont Sarkozy se pique, c’est de propagande et même d’un certain décervelage qui s’accommode mal de la rigueur des faits. Le sacrifice du jeune résistant com¬muniste devrait être invoqué, mais sans ses motivations ni son contexte. Sous quel autre régime d’ailleurs aurait-on envisagé de réunir les ministres européens à Vichy pour réprimer l’immigration ?